Coach du même secteur
Alice Gallwey

Alice Gallwey

Coach du même secteur

Transition professionnelle : De l’intérêt de choisir un coach qui NE provient PAS du même secteur d’activité professionnelle pour bénéficier pleinement de ce qu’une relation de coaching a à offrir.

Le choix du coach est déterminant dans la réussite d’un accompagnement. En tant que client, sachant que l’on aborde ensemble un sujet ultra-sensible tel que le futur de sa carrière, il est important que l’on accorde notre légitimité à la personne qui va nous accompagner durant les 6 ou 12 (ou plus) prochains mois.

Un coach professionnel – lorsqu’il est bien formé – apporte des perspectives et un angle de vue nouveaux et non encore explorés.

Par son questionnement neutre, bienveillant et non jugeant, il va pouvoir accompagner vers une introspection qui devra permettre au client de construire une passerelle entre son précédent employeur et son futur. Le coach, par son questionnement ouvre des portes vers des directions que le client va ensuite explorer. Il est là pour aider le coaché à trouver ses propres réponses grâce à des outils diversifiés. Là, réside la vraie expertise d’un bon coach professionnel. En coaching, une bonne question est une question pour laquelle le coach n’a véritablement pas la réponse car il considère qu’il ne peut pas connaître le secteur d’activité aussi bien que son client. Grâce à ce postulat de base, cette croyance, le coach va s’adapter aux spécificités de son client. Il va adopter le recul nécessaire et offrir ce regard neuf, différent et structuré qui va ensuite permettre à son client d’avancer. C’est précisément là qu’il crée de la valeur supplémentaire pour son client.

Le coaché est le véritable expert de sa vie.

Il sait ce qui est bon pour lui. Dans le cas où il pense ne plus le savoir – ce qui est fréquemment le cas dans une période tumultueuse de changement – le coach va justement accompagner son client pour l’aider à se reconnecter et (re-)trouver ses propres réponses, individuelles et uniques, mais sans jamais l’influencer ni le juger. Ici, le client est le seul juge et est surtout le chef de projet de sa vie professionnelle. C’est toute la richesse d’un coaching professionnel.

Un coach qui n’est justement pas du même secteur d’activité va créer de la valeur supplémentaire

En choisissant un coach qui n’est justement pas du même secteur d’activité, le client va bénéficier d’une personne qui adopte une posture modeste, une attitude d’écoute et d’ouverture qui vont lui être favorables. C’est justement dans cette zone que coach et coaché vont créer de la valeur, car ils vont aller ensemble explorer ce qui est bon pour le client. N’est-ce pas finalement là le devoir du coach que d’offrir à son client cette véritable posture d’écoute et de bienveillance ?

Chaque être humain est singulier et unique. C’est cette singularité que nous devons nous attacher à révéler.

Grâce à cette capacité d’écoute active et de questionnement adéquat pour son client, le coach identifie plus rapidement du potentiel pour son client quel que soit le type d’activité. On demande au coach d’être un expert de l’Être Humain, non pas d’un secteur d’activité en particulier. C’est ainsi que l’on peut offrir un coaching à 100% personnalisé.

Choisir un coach issu du même secteur d’activité est rassurant, cela permet de rester dans sa zone de confort…

Si la question du choix du coach est délicate, souvent le premier réflexe du client quant il doit choisir son coach est d’accorder sa légitimité à une personne qui vient du sérail. Cette réaction est normale car le client se sent rassuré et compris. Il reste dans un environnement connu et donc dans une certaine mesure, il reste dans sa zone de confort. Or, « nous imaginons que les personnes qui nous sont familières ou qui sont issues de notre propre milieu, sont meilleures que les personnes qui ne le sont pas » (Buster Benson). Cela s’appelle un biais cognitif, c’est-à-dire une distorsion inconsciente, ou une erreur de perception, d’évaluation ou d’interprétation. A priori, le coach, s’il est vrai qu’il sera peut-être plus à même de comprendre les difficultés auxquelles le coaché a pu être confronté par le passé, il est aussi vrai que cela présente plusieurs risques.

… Mais cela peut présenter plusieurs risques

En effet, d’abord, le risque réside – en choisissant un coach qui vient du même domaine – que le client se prive d’un regard totalement neuf et extérieur. D’une part, le coach – au bénéfice d’un vécu similaire, peut être amené à comparer le parcours de son client, à « se faire une idée de son client » en projetant ce qu’il connait ou croit connaitre. L’être humain a tendance à « projeter ses croyances et schémas de pensées actuels sur le passé et le futur » (deuxième biais cognitif étudié et catégorisé par Buster Benson). Juste à cause d’un aspect rassurant au prime abord, ceci pourrait ainsi totalement fausser la relation privilégiée « coach-coaché ».

En outre, « l’être humain pense qu’il sait ce que les autres pensent », c’est un troisième biais cognitif étudié par Buster Benson. Ce biais – qui opère toujours de façon inconsciente – est pire car il pourrait induire une notion de jugement, et dans le pire du pire, le coach pourrait donc même être tenté de faire des projections (que celles-ci soient positives ou négatives).

Par ailleurs, un autre risque est que le client place son coach sur un piedestal, et se retrouve à attendre que le coach lui fournisse les réponses aux questions existentielles et personnelles qu’il se pose et qui sont pourtant liées à sa propre carrière. En effet, cela pourrait donc par ricochet amener le coach à être tenté de se positionner en un « Sachant »  qui se situe non pas à parité avec son client, mais légèrement au-dessus de son client. Le risque est que le coach adopte cette stature et ne se positionne plus comme un coach, mais comme un « expert » qui sait « mieux » que son client ce qui est bon pour son client (de nouveau le 3ème biais cognitif vu précédemment). Souvent sans le savoir, et généralement sans le vouloir, il influence donc la réflexion. Le client risque dans ce cas précis de se retrouver privé de la liberté de se redécouvrir sous un nouvel angle, et se cantonne à certaines « vérités ». Il est important de rappeler qu’un coach est responsable d’un processus, il apporte une structure, mais c’est bien le client qui est et reste le garant du résultat d’un coaching, car il est seul responsable des décisions qu’il prend pour sa vie.

Aussi, l’on est en droit de s’interroger : si ce type d’accompagnement est rassurant, dans quelle mesure permet-il au client d’explorer réellement d’autres réalités et ainsi de profiter de toutes les opportunités d’exploration offertes par un coaching professionnel ?

Ce que j’ai pu observer dans ma pratique, c’est que le client, au terme des 6, 9 ou 12 mois de coaching à suivre les conseils des autres, se retrouve cantonné à faire ce qu’il faisait déjà avant sa transition, alors qu’à la base il voulait justement ouvrir la réflexion et se réinventer sans changer toutes les données de sa vie. Il est resté enfermé dans un schéma. Retour à la case départ. Aussi, j’invite ici le lecteur qui doit choisir son futur coach à se défaire de son ancrage mental, qui est l’influence laissée par la première impression rassurante pour réellement s’interroger sur ce qu’il souhaite accomplir lorsqu’il s’agit de sa transition professionnelle.

Fixer les objectifs de ce que le client veut accomplir dans le cadre de son coaching est déterminant

Rappelons surtout qu’il est déterminant pour la réussite du coaching de fixer en amont ce que le client veut obtenir en tant que résultat de l’accompagnement. Mes recommandations sont que lorsque le client s’interroge à changer d’environnement, voir même de métier (ce dont il est généralement question quand on parle de transition professionnelle), il est surtout important qu’il puisse s’appuyer sur une personne qui a vocation à accompagner des clients pendant ces phases de changement plus ou moins longues, comme c’est le cas lors d’une phase d’évolution professionnelle, qu’elle soit choisie ou imposée.

La mobilité professionnelle, surtout lorsqu’elle est imposée, peut déstabiliser.

Elle impacte la vie professionnelle et la vie personnelle, ce qui va conduire le coach à prévoir un accompagnement sur ces deux dimensions. Le coach professionnel va aider à gérer cette phase de transition. Il va offrir la guidance nécessaire dans la bienveillance et le non-jugement. Dans ce cas, il est peut-être plus important de se donner l’opportunité de sortir des sentiers « battus » et surtout de sortir « du moule » en justement ayant recours à une personne qui n’est pas de son domaine pour les raisons mentionnées ci-dessus, pour cet œil neuf qui va finalement aider à avoir une pensée innovante et « out of the box* ».

Si le client veut rester dans le « moule » du même secteur d’activité et qu’il vient chercher des réponses précises et techniques liées à sa situation pour notamment traiter d’un problème critique et pour lequel il lui manque une expertise, il est utile de recourir ponctuellement à un consultant ayant une expertise spécialisée et actualisée dans son domaine ou métier en particulier. Si l’on choisit quand même un coach de son secteur d’origine, il faudra être vigilant à ne pas tomber dans le piège de s’enfermer dans certains schémas déjà connus, avec parfois même des certitudes toutes faites provenant du fait que les deux partenaires (coach et coaché) viennent du même « moule ». Cependant, comme il s’agit d’un processus qui opère de manière inconsciente, éviter ce biais reste très difficile.

S’entourer d’un coach professionnel pour la relation durable et d’un expert-métier ponctuellement, une formule gagnante ?

Le luxe, dont on ne devrait pas se priver, lorsque l’on est en période de transition professionnelle, est de choisir un coach hors de son domaine pour une relation durable, et avoir recours à des experts métiers ponctuellement afin de rester en lien avec son marché de prédilection (mais dans ce cas, le marché visé, non pas le marché d’où l’on provient). Et ceci est encore plus vrai dans ce contexte économique actuel où les normes sont bousculées, où la seule certitude que l’on a sur le futur, c’est que l’on ne sait rien et que l’on navigue de plus en plus à vue. Dans un monde changeant, volatile, incertain, complexe et ambigu, je crois que les « moules » sont en train de se casser.

Finalement, serait-ce une question d’alchimie ?

En conclusion et peut être le point le plus important, reste que l’accompagnement s’appuie avant tout sur un processus relationnel. Il est essentiel que le courant passe entre les deux personnes impliquées car il s’agit d’un partenariat sur le long terme qui doit se faire dans une bonne ambiance. Le principal est que le client se sente à l’aise avec son coach. L’intuition a toute sa place ici.

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